lundi 3 juillet 2017

Un vitrail armorié

Un des vitraux armoriés de l’Hôtel de Ville de Binche.




Dans la salle des mariages figure le blason sous lequel est inscrit le nom d’Aumale. (Voir photo du vitrail ci-contre) Théophile Lejeune dans son étude sur Binche [1] écrit : « Messire Charles de
Lorraine, duc d'Aumale, pair de France comte de Maulenrier et de Valier, grand fauconnier des archiducs Albert et Isabelle. fut nommé gouverneur  prévôt et bailli des bois de la terre et seigneurie de Binche, Heigne et Jumet. par lettres-patentes du 2 octobre 1611 ». Le titre de comte d'Aumale a été porté par des membres de diverses familles.à savoir, Blois, Dommartin, Castille, Harcourt, Lorraine (diverses branches). En 1547 Henri II érige le comté en duché-pairie au profit de la maison de Lorraine en la personne de Claude II. (voir arbre généalogique succint ci-dessous).

La puissante maison de Lorraine se voit comblée aussi par le roi Henri III qui a épousé une fille d'une branche cadette Lorraine-Vaudémont et qui accorde en 1578 l'Ordre du Saint-Esprit à trois membres de la famille dès la première promotion. Plusieures choses vont déteriorer l'entente, la conception de la lutte contre les Huguenots, la Sainte  Ligue et l'influence espagnole et la succession de Hanri III (qui n'a pas d'héritier).  Le roi se voit contrant de s'allier au roi de Navarre pour contrer la Maison de Lorraine. Le Balafré le chef de la Ligue est  assassiné sur ordre du roi. A la mort de son cousin, Charles de Lorraine duc d'Aumale entre en conflit ouvert avec le roi. Il sera fait prisonnier à la bataille d’Ivry, libéré  il refuse de se soumettre et continue la lutte. Il sera condamné   pour crime de lèse-majesté et ses biens saisis le 6 juillet 1595.
Il vient chercher refuge aux Pays-Bas où les archiducs l'accueillent et lui accordent leurs faveurs. (voir ci dessus). Ce n'était certes pas un inconnu pour eux, puisque à l’instar des personnages importants de la Ligue il était soutenu financièrement par Philippe II d'Espagne  Il obtiendra une charge dans l'armée et représentera les archiducs dans certaines occasions. Léopold Devillers cite dans son ouvrage [2].
« Après cinquante années d'interruption, la construction de la tour fut reprise.[3] Le 29 mai 1619 le duc d'Aumale posa, aux noms des archiducs Albert et Isabelle la première pierre des nouveaux ouvrages, aux armes de LL. AA, après qu'elle eut été bénite par l'Abbé du Val des Écoliers, officiant pontificalement, en présence  des chanoinesses et du clergé. »
Le blason figurant sur le vitrail ne nous semble pas correct. En effet aux quartiers II et III on voit « d'azur à  trois fleurs de lis d'or ».qui sont les armes des rois de France. Le duc d'Aumale[4] descend bien de Louis IX  par sa Grand-Mère Antoinette de Bourbon-Vendôme, mais  ce n'est pas une filiation directe. Les armes de France doivent donc être brisées. Elles le sont dans cette maison par un bâton alésé ou encore péri. C'est donc ce détail, mais qui a son importance, qui manque ici.
Dans les quartiers I et IV , nous voyons «  d'or à la bande de gueules chargée de trois alérions d'argent », il s'agit des armoiries de la Lorraine, mais la Maison de Lorraine entendait montrer plus que cela , montrer tout ce que les membres avaient pu porter comme titres réels ou de prétention. Le blason de la famille de Lorraine, bien connu des héraldistes est décrit comme ceci , coupé de un parti de trois ce qui signifie que l'on trouvera huit blasons différents. On le connait aussi sous  l’appellation quatre rois sur quatre ducs. Dans la partie supérieure les quatre royaumes pour les quels la famille aurait eu des droits ou des prétentions. Pour la compréhension regardons le petit dessin ci contre en 1 la Hongrie « fascé de gueules et d’argent de huit pièces »  en 2 « d’azur semé de fleurs de lis d’or au lambel de gueules » (Naples-Sicile), en 3 « d’argent à la croix potencée et alésée d’or, cantonnée de quatre croisettes du même » (Jérusalem) et en 4 « d’or à quatre pals de gueules » (Aragon) .A la partie inférieure, en 5 « d’azur semé de fleurs de lis d’or à la bordure de gueules » (Anjou) en 6 « d’azur au lion contourné et couronné d’or, armé et lampassé de gueules » (Gueldre), en 7 « d’or au lion de sable armé et lampassé de gueules couronné d’or » (Juliers), en 8 « d’azur semé de croisettes recroisettées au pied fiché d’or, à deux bars adossés du même brochant sur le tout » (Bar). Quelques éclaircissements sur cette profusion de pocessions, revendications, prétentions. En  1420, Isabelle de Lorraine, la fille du dernier duc de la maison d'Alsace, épouse un prince capétien de la maison de Valois-Anjou, René Ier d'Anjou. (Il s'agit de la deuxième maison d'Anjou). Ce dernier est aussi l'héritier désigné du duc de Bar. En 1435, c'est la reine Jeanne II de Naples, qui meurt, après l'avoir désigné pour lui succéder. Jeanne est une descendante de Charles d'Anjou, frère de Louis IX et fait donc partie de la première maison d'Anjou. René devient alors roi de Naples, et reprend à son compte les prétentions sur les royaumes de Hongrie et de Jérusalem[5]. Ses armes en sont modifiées et présentent en chef les trois royaumes (Hongrie, Naples et Jérusalem) et en pointe les trois duchés (Anjou, Bar et Lorraine). En 1443, c'est sa mère Yolande d'Aragon qui meurt. Elle prétendait au trône d'Aragon, étant fille unique de Jean Ier d'Aragon, bien que les nobles aragonnais aient donné la couronne à un fils cadet du roi de Castille. René Ier reprit à son compte cette prétention, en posant les armes d'Aragon sur ses armoiries. Voilà donc le quatre royaumes.
En 1473, la Lorraine passe à René II, petit fils de René Ier. Louis XI s'empare du duché d'Anjou et du comté de Provence. Mais René II reprend à son compte les prétentions de son grand-père et conserve le titre de duc d'Anjou. Il épouse Philippa de Gueldre, dont le frère, Charles, duc de Gueldre et de Juliers, meurt en 1538  sans descendants. Charles-Quint s'empare de ces duchés, mais le duc Antoine, fils de René II et de Philippa de Gueldre, prétendra à ces deux duchés et ajoutera leurs armes aux siennes. Cela donnera l'écu aux quatre royaumes (Hongrie, Naples, Jérusalem et Aragon) et aux quatre duchés (Anjou, Gueldre, Juliers et Bar) avec la Lorraine en  cœur, un écusson « d’or à la bande de gueules chargée de trois alérions d’argent »  Pour le duc d'Aumale qui fait partie d'une branche cadette de la maison de Lorraine, une brisure doit figurer sur le blason, il s'agit d'un lambel à trois pendants de gueules posé en chef.
Voici donc ci-dessous le blason qui normalement devrait figurer sur le vitrail.                                                                                        


                                                                                 
                                                                            






[1]             Histoire de la ville de Binche Imp. V.Winance-Nachtergaele, éditeur, Binche 1887 
[2]            
Annales de la construction de l'Eglise de Sainte-Waudru à Mons par Léopold Devillers, Conservateur-adjoint des Archives de l'Etat, en cette ville; Membre des Sociétés savantes d'Anvers, Avesnes, Gand, Liége, Luxembourg, Mons, Tongres et Tournay . Extrait du Compte-rendu des séances du Congrès Artistique et Archéologique tenu à Gand, lors du cinquantième anniversaire de la fondation de la Société royale des Beaux-Arts et de littérature de cette ville, les 19 et 20 septembre 1858
                Imprimerie et lithographie de De Busscher Frères à Gand, 1859

[3]             Il s'agit de la tour de la Collégiale Ste Waudru.
[4]             On continua à lui donner ce nom et ce titre bien que ses biens furent saisis.
[5]             On comprendra que le titre  de roi de Jérusalem est purement honnorifique.Le royaume de Jérusalem fut créé en 1099 après la prise de la ville, et ne disparut réellement qu'avec le départ des derniers croisés de Tortose en août 1291.
                Jérusalem tombe aux mains de Saladin le 2 octobre 1187. Le nom de royaume de Jérusalem restera l'appellation officielle du royaume croisé de Terre Sainte, que le titulaire règne ou pas sur la ville sainte. 

dimanche 2 juillet 2017

Le "chapé" et brachygraphie.

Chapé d'azur 


C'est le nom donné au blog , c'est une partie de la lecture du blason tel que celui figurant en tête. 


La lecture complète : d'or chapé d'azur 




Le langage héraldique a emprunté au vêtement quelques expressions, quelques partitions. 






             Voici le chaussé :  de gueules chaussé d'argent    




Une variante, d'or chapé ployé  d'azur 







Si on allie le chapé et le chaussé on obtient  : d'or vêtu de gueules 







Différent de la chape, le mantel et on blasonne :


d'or mantelé de sable .

Le chapé nous permet de montrer combien le langage héraldique peut être concis. 

Nous prendrons un exemple concret. Les armoiries de la demi province du Brabant wallon se lisent :






de sable au lion d'or armé et lampassé de gueules, chapé d'or à deux coqs hardis de gueules celui de dextre contourné. 


Si nous ne voyons que la description du champ cela donne de sable chapé d'or.


Dans l'ouvrage consacré aux armoiries communales de Belgique édité par la banque DEXIA , on peut lire la description du drapeau de la province qui reprend exactement les mêmes éléments que le blason.


divisé en trois triangles par deux droites allant du milieu du bord supérieur aux deux coins inférieur, les deux triangles renversés latéraux jaunes et chargés chacun d'un coq hardi rouge, celui à la hampe tourné vers le large, le triangle central noir et chargé d'un lion jaune à la langue et aux griffes rouges.






samedi 1 juillet 2017

Une pierre armoriée dans la chapelle Saint André.

Une pierre tombale armoriée du XVII ème siècle dans la chapelle Saint André à Binche.

Dans une petite plaquette " Binche ville musée - Le vieux cimetière - La chapelle Saint André - le trésor de la Collègiale" (1972)  éditée par les "Amis de Binche " et  la "Société d'Archéologie de la ville de Binche" , les auteurs Paul Demart et Samuel Glotz  décrivent sommairement les quelques dalles funéraires adossées aux murs du porche d'entrée la chapelle Saint André.
C'est au sujet d'un de ces monuments funéraires que je voudrais intervenir et apporter quelques précisions .

Voici la transcription de ce que les auteurs précités ont relevé pour une des pierres 

11. Messire Eugène des CONDE NOIRQUERMES chevalier de Boves, Rieulay ... et son épouse Marie Elaine (de la ) TRAMERYE (... 1681) .  Quatre blasons dont à dextre : TRAMERYE (de sable au chevron d'or accompagné de trois merlettes de même) et CHASTELER (d'argent à la bande de gueule accompagnée en  chef d'un lion rampant (ou léopardé), grimpant de sable, armé, lampassé et couronné d'or.

Avec l'aide de Monsieur Hocquet, président de la fabrique d'église, j'ai lu le texte figurant sur la dalle en question.. 
 Au milieu de la partie supérieure on remarque le dessin d'un  enfant  langé très stylisé. Il est entouré de quatre blasons, celui qui se trouve en haut à gauche est totalement illisible. En bas à gauche on remarque une fasce et sous le blason un nom ONGNIIES. A droite en haut, on peut voir un chevron et le nom TRAMERYE  et en bas un blason ou on peut voir une bande et le nom CHASTELER.   
Le texte de l'épitaphe pourrait selon nous être celui-ci :
ICY REPOSE LE CORPS
DV NOBLE ET ILLVSTRE DA XX
NATVS DE MESSIRE EVGENE DE ST
ALDEGONDE DE NOIRQVERMES CHEVALIER
BARON DE BOVES ET DE RIEVLAY ET
DE NOBLE ET xxx VSTRE DAME MARIE
ELAINE DE TRAMERYE QVI
TRESPASSA -xxx ST MAY 1681
xxxx --    JOURS

Il s'agit vraisemblablement de la pierre tombale d'un enfant mort en bas âge, pas encore baptisé et qui n'a pas encore reçu de nom. Il est né de  -natus - et les noms de son père et de sa mère apparaissent seuls sur la pierre. De plus le dessin central fait penser à un enfant dans ses langes.  DA XX  on peut penser  à une abréviation pour Damoiseau ou Damoiselle ? Trespassa  (trépassa[1]) xxx ST MAY 1681(/ le jour du mois de mai 1681)    xxxx -- JOURS  (âgé de x JOURS)

Les parents

Eugène de Sainte Aldegonde dit le comte de Noircarmes était le fils d'Albert André de Saint Aldegonde et d'Anne d' Ongnies.  Il est seigneur de Bours (et pas Boves) aujourd'hui commune du Pas de Calais. Les seigneurs de Bours se succèdent jusqu'à la mort sans postérité de Jehan de Bours en 1389. Sa défunte mère Jeanne de Mailly étant mariée à Mathieu de Bours, les terres passent aux Mailly. Au cours du XVI siècle la seigneurie passe à la famille des Noyelles[2]. La  seigneurie fut apportée dans la famille Sainte Aldegonde  lors du mariage de Maximilien de Sainte Aldegonde - (grand -père d'Eugène) en 1600 avec Alexandrine de Noyelles dame de Bours.[3]
Eugène est aussi seigneur de  Rieulay qui est une commune française, aujourd'hui située dans le département du Nord. La seigneurie est passée dans la famille de Sainte Aldegonde lors du mariage en 1554 de Bonne de Lannoy  avec Philippe de Sainte Aldegonde arrière grand-père d'Eugène. [4]
Le patronyme  "Sainte Aldegonde" fut attribué à une riche famille de notables de Saint Omer ayant participé financièrement à l'édification de l'église dédiée à Sainte Aldegonde dans la première moitié du XI ème siècle. (Cette église fut détruite à la révolution). [5] Des membres de la famille ont exercé des charges importantes dans la ville de Saint Omer. Jehan de Sainte-Aldegonde fonda la Chartreuse du Val-Sainte-Aldegonde en 1300,[6] [7]
Eugène de Saint Aldegonde Noircarmes a épousé Marie Héléne de la TRAMERYE  Ils eurent notamment un fils prénommé Eugène et une fille Jeanne Albertine Chanoinesse du Chapitre de sainte Waudru à Mons.[8]
D'après d'autres sources  [9][10] ils eurent plus de 7 enfants. 
Marie Hélène de la TRAMERYE est la fille de Ghislain de la TRAMERYE seigneur de Hertaing et de Marguerite de Chasteler [11]. D'après cette source elle serait née en 1645 et décédée en 1707.
D'après une épitaphe associée à une pierre tombale de la Collègiale Sainte Waudru à Mons elle serait décédée beaucoup plus tard le 9 mai 1730. Voici le texte de cette épitaphe [12]

« Ici repose les corps des nobles et illustres personnes, Madame Marie Hélène de la TRAMERYE baronne du Bours, comtesse de Hertaing, veuve de messire Eugène comte de Sainte-Aldegonde, baron de Bours laquelle mourut âgée de 86 ans le 9 mai 1730 et Madame Anne Albertine de Sainte-Aldegonde de Noircarmes sa fille première aînée du noble et illustre chapitre de cette église décédée le 31 octobre 1728 et Mademoiselle Catherine Françoise de Sainte-Aldegonde sa nièce chanoinesse, décédée le 10 octobre 1716 âgée de 9 ans ».
Les armoiries des ascendants.

Habituellement les armoiries figurant sur une pierre tombale armoriée sont celles des ascendants de la personne inhumée. Dans le cas présent, les quatre blasons représentés sont ceux des familles  des quatre grands parents du défunt.  La tradition veut que les blasons de la branche paternelle se trouvent à gauche, ceux de la branche maternelle à droite.

La branche paternelle

On trouve donc en haut à gauche Saint Aldegonde de Noircarmes.
Aucuns détails du blason ne sont visibles sur la pierre.
Un texte de Félix Victor Goethals [13]peut nous éclairer :

  "Le seigneur de Sainte Aldegonde se faisant honneur de la terre de  Nortkelme qu'il acquit par son mariage[14], en prît le nom. [....] Bien que Jean fut appelé de Nortkelme , il ne continua pas moins de porter les armes des seigneurs de Sainte Aldegonde. Nous en avons la preuve dans un précieux armorial de cette époque qui donne leur écusson à la croix de gueules chargée de cinq roses boutonnées d'argent et cantonnée d'hermine à cinq mouchetures."  .




Nous avons reproduit ci contre le blason tel que décrit, avec des mouchetures à cinq pointes [15] et les roses boutonnées du champ c'est à dire d'argent.







En bas à gauche, sous le blason Saint Aldegonde Noircarmes se trouve celui de la famille de la  grand mère paternelle  Anne d'Ongnies.


Il se décrit comme suit : "de sinople à la fasce d'hermine"

Ce sont les armes pleines de la famille. Cette maison tire son nom de la terre d'Ongnies actuellement Oignies dans le département du Nord. Henri Othon d'Ongnies, prince de Grimbergen, comte de Mastaing et de Coupigny, seigneur de Brugelette, Herimetz scellait en 1787, d'un écu de sinople à la fasce d'hermine.
Il n'est pas rare de rencontrer les armes de la famille d'Ongnies associées avec celles de familles alliées. C'est ainsi que Claude d'Ongnies seigneur de Ressaix et de la Hutte qui avait épousé successivement Anne de Rubempré et Anne de Croÿ portait en 1587 :


De sinople à la fasce d'hermine qui est d'Ongnies ; chargé en abîme d'une écusson d'argent à trois jumelles de gueules qui est de Rubempré : cet écusson sur chargé en abîme d'un écusson écartelé au 1 d'argent à trois fasces de gueules qui est de Croÿ; au 4, d'argent à trois doloires de gueules, les deux du chef adossés qui est de Renty; au 2 ,losangé d'or et de gueules, qui est Craon; au 3 d'or au lion de sable, armé et lampassé de gueules qui est de Flandre"

 Ces armoiries sont celles qui ont été accordées à la commune de Ressaix par l'article royal du 13 octobre 1912. Ces armoiries ont figurés au fronton du château de la Hutte à Ressaix. Les quelques récents propriétaires du château les ont fait disparaitre.[16]
Nous connaissons un autre exemple ; Gabrielle d' Ongnies dont les armoiries   figurent sur monument funéraire des époux Gilles Othon de Trazegnies et de son épouse Jacqueline de Lalaing. Partie gauche du monument funéraire (ascendance de Lalaing ascendance maternelle) dans l'église Saint-Martin, à Trazegnies.



Écartelé aux I et IV de sinople à la fasce d'hermine qui est d'Ongnies, aux II et II d'argent à trois lions de sables armés et lampassés de gueules couronnés d'or qui est d' Hallewijn.









La branche maternelle .

En haut à droite les armes de la famille de la TRAMERYE.

La TRAMERYE, à Verlinghem, tenue de la seigneurie du lieu à 10 livres de relief, consistait en 13 bonniers, 13 cents [17]d'héritages avec un manoir sur motte tenant au chemin de la Rouge-Croix au rivage du Gardinet. La TRAMERYE avait donné son nom à une famille noble ou l'avait reçu d'elle. François de La TRAMERYE, créé chevalier par lettres patentes du 17 avril 1598, baron de Roisin, était seigneur de la TRAMERYE, de Forest, d'Auby, de Heraucourt, d'Angré, de Hertaing, de Givenchy, de rumezet, du Quint de La Fosse, grand bailli et capitaine des ville et château d'Aire[18] , et mourut le 10 janvier 1612. [...] La TRAMERYE portait : de sable, au chevron d'or, accompagné de trois merlettes de même. [19]"

François de la TRAMERYE dont il est fait mention ci-dessus était l'arrière grand père de l'enfant concerné par la pierre tombale. François avait hérité de la baronnie de sa mère Marie de la Fosse qui la tenait elle-même de sa mère Jacqueline dernière descendante des Baudry de Roisin. C'est le frère ainé de Guislain de TRAMERYE (le grand père de l'enfant) qui héritera de la baronnie. Les mâles de cette branche des TRAMERYE porteront plus d'une fois le prénom Baudry comme il était de coutume dans la famille de Roisin..

Nous pensions pouvoir observer  les armoiries de la famille au château de Roisin comme le prétendait la publicité d'un restaurant situé à Roisin.

"La forteresse primitive, ceinte de douves, remonte à tout le moins au XIIIe siècle. Elle est l‘œuvre des belliqueux Baudry. Vers 1600, l'ensemble paraît avoir été remanié en profondeur; il en subsiste, avec diverses dépendances (XVIIIe siècle), le remarquable donjon-porte ou châtelet d'entrée, lourde construction carrée flanquée de tourelles et portant les armes des TRAMERYE,[20] héritiers par les femmes en 1607. [21] "



L'auteur ce cette notice n'a sans doute pas bien vu car c'est une croix et des roses que l'on distingue sous le lierre . 







En effet lorsque  Jean de Roisin meurt sans postérité en 1607 la seigneurie passe alors aux mains de François de La Tramerie dont la grand-mère maternelle est une Roisin . Au milieu du XVIIIe siècle, avec le décès de Joseph-Ghislain de La Tramerie, la baronnie de Roisin échoit à Louis-Bon de Sainte-Aldegonde-Noircarmes, petit-fils d'Eugène et de Marie-Hélène de La Tramerie . (Inventaire des archives du château de Roisin / W.De Keyzer BE-A0524_710067_707498_FRE) [20]





"De sable, au chevron d'or, accompagné de trois merlettes de même."








Les TRAMERYE ont conclu des alliances parfois prestigieuses, on peut citer Anne-Louise de la TRAMERYE, marquise de Forest, qui a épousé Philippe-François de Croÿ, comte de Rœulx, prince du Saint-Empire, grand d'Espagne de première classe. La famille de la TRAMERYE était  richement possessionnée dans la ville de Douai. Au jour d'aujourd'hui, un immeuble du XVII ème siècle  dénommé "Hôtel de la TRAMERYE" situé rue des Foulons [22]est en cours de restauration.

En bas à droite les armoiries de la famille de Chasteler.

Marguerite de Chasteler est la fille de jean de Chasteler et de Françoise de Carondelet . Elle était chanoinesse de Munsterbilzen [23]avant son mariage en 1637 avec Ghislain de la TRAMERYE.

Ces armoiries peuvent se lire ; "d'argent à la bande de gueules accompagné en chef d'un lion de sable armé et lampassé de gueules."

Ce fut pour conserve le souvenir de Jean Gabriel de Chasteler, dernier seigneur de Courcelles-Rianwelz  et un des plus fameux généraux de l'armée autrichienne (voir ci-dessous) que l'administration de Courcelles sollicita de porter les armes de celui-ci, ce qui lui fut accordé par l'arrêté royal du 3 mars 1914. Toutefois, ce dernier seigneur était marquis et un de ses ancêtres avait obtenu de sommer le lion d'une couronne d'or. Les armoiries de la commune se lisent donc de manière différente : "  d'argent à la bande de gueules accompagné en chef d'un lion de sable armé et lampassé de gueules, couronné d'or" .
Goethals retrace l'histoire de la famille de Chasteler sur plus de 100 pages. Nous en tirons quelques faits marquants dont notamment la concession du titre de marquis qui justifia l'accroissement d'armoiries ( adjonction d'une couronne sur la tête du lion).

La maison Chasteler tire ses origines d'un descendant direct des premiers ducs de Lorraine au XI ème siècle.  Un procès qui a agité  la noblesse à la fin du XVIII siècle en a apporté la preuve.  [...] Suite à des déboires successoraux Thierry de Chasteler est venu, à l'exemple des Montmorency et des Neele tout puissants en Flandre, Artois et Hainaut trouver une  charge dans notre comté au début du XIV ème siècle. On le voit en tant que Bailli régler plusieurs problèmes et signer au moins un acte dès 1308 en compagnie des Roisin, Berlaymont et Boussoit. [...] Il est alors seigneur de Helemmes et de Biellaing [24].  [...] En 1415 Michel de Chasteler seigneur de Moulbais[25] et de Carnin à Ellignies [26] fils de Jeanne de Pottes est tué à la bataille d'Azincourt. Il laissa veuve sa femme Marguerite d'Oisy. [...] Plus d'un, siècle après Jean de Chasteler, écuyer seigneur de Moulbais, de Bersées, vicomte de Bavay lieutenant d'hommes d'armes de l'Empereur Charles Quint en 1542 sous le commandement des comtes de Mansfeld et de Boussu, fut nommé en 1555 lieutenant de la compagnie qui tenait garnison au Château de Tournay, sous les ordres et commandement de Floris de Montmorency, baron de Montigny. Son exactitude militaire dans l'accomplissement de ses devoirs provoqua chez les partisans de la nouvelle religion des observations et des plaintes. [...] Anne de Chasteler en son temps demoiselle d'honneur de Marie de Hongrie  meurt   en 1603. [...] Jean François de Chasteler  reçu le titre de marquis en 1725. [...] François Gilbert Joseph de Chasteler (* 1744 +1783) Il a obtenu Le titre de gouverneur de la seigneurie et de la terre de Binche et bailli des bois de Binche à titre purement honorifique, ces charges étant supprimées. Il les du à la protection et l'amitié de Charles de Lorraine. Il obtint l'autorisation impériale de sommer ses armoiries d'une couronne de marquis.   C'est en vain qu'il réclama le titre de prince,  car ce titre aurait impliqué qu'il était allié à la maison de Lorraine montée sur le trône impérial par le mariage de Marie-Thérèse. [...] Son fils Jean Gabriel de Chasteler fut l'un des plus brillants généraux de l'armée autrichienne combattant Napoléon.
Conclusion .
Nous pouvons maintenant donner un aperçu de ce que pouvait être la dalle funéraire de l'enfant. 




[1] http://www.lexilogos.com/francais_langue_dictionnaires.htm
[2] http://fr.wikipedia.org/wiki/Donjon_de_Bours
[3] http://racineshistoire.free.fr/LGN/PDF/Sainte-Aldegonde-Noircarmes.pdf
[4] http://racineshistoire.free.fr/LGN/PDF/Lannoy.pdf
[5] http://archive.wikiwix.com/cache/?url=http://saintomer.pagesperso-orange.fr/personnages
/sainte_aldegonde.htm&title=%C2%AB%C2%A0saintomer.pagesperso-orange.fr%C2%A0%C2%BB
[6] http://saintomer.pagesperso-orange.fr/personnages/sainte_aldegonde.htm
[7] Il ne faut pas confondre les membres de cette famille avec les possesseurs de la seigneurie de Mont- Sainte-               Aldegonde (Morlanwelz)
[8] Nobiliaire des Pays-Bas et du Comté de Bourgogne -de Vegiano Vol 3 pg 1716 
[9] http://racineshistoire.free.fr/LGN/PDF/Sainte-Aldegonde-Noircarmes.pdf
[10] http://gw.geneanet.org/favrejhas?lang=fr;p=eugene;n=de+sainte+aldegonde
[11] http://gw.geneanet.org/nobily?lang=fr;pz=elisabeth+therese+marie+helene;nz=de+belgique;ocz=0;
  p=marie+helene;n=de+la+TRAMERYE
[12] Renseignements obtenus auprès de M. B. Detry, auteurs  avec  P.Van Belle d'un article inédit intitulé
" Etude des dalles funéraires et des taulets de la collégiale Sainte-Waudru de Mons (Belgique)."
         Nous remercions vivement M. B.Detry de nous avoir fourni ces indications" 
[13] Miroir des notabilités de Belgique et des Pays-Bas et du comté de Bourgogne volume 2 pg 603
[14] Mariage en 1304 avec Marie de Lières dame de Noircarmes (la seigneurie Nortkelmes à Quelmes                 à 5 km à l'ouest de Saint Omer)                 avec Jean III de Sainte Aldegonde.
[15] Curieusement le drapeau officiel de la Bretagne porte également des mouchetures à cinq pointes. Il est rare de rencontrer une        telle précision dans le description. Le Rietstap par exemple donne comme champ pour Sainte Aldegonde hermine simplement
[16] Armorial des Province et des Communes de Belgique . Max Servais
[17] Une superficie ne dépassant pas 15 Ha.
[18] Aujourd'hui Aire sur la Lys.
[19] Bulletin de la Commission d'histoire du département du Nord tome XX 1897 p 204
[20] M'étant rendu sur place, force est de constaté que sous le lierre on découvre !! D'hermine à la croix chargée de 5 roses. Un       Sainte Aldegonde a épousé une dame de La TRAMERYE héritière de Roisin !  
[21] Le site du restaurant les Tourelles - http://www.tourelles-roisin.be/
[22] http://www.lobservateurdudouaisis.fr/article/25/05/2013/douai--la-mairie-veut-sauver-lhotel-de-la-TRAMERYE/4432
 [23] Cette Abbaye supprimé à la révolution est située dans la province de Limbourg. L’abbaye est ‘impériale’ et l’abbesse, princesse  du Saint Empire Romain, est souveraine de ces villages des environs. À partir du xviie siècle, ces droits souverains sont contestés  par le chapitre de la cathédrale Saint-Lambert de Liège et par le Prince-Évêque. Après de multiples procès l’abbesse             reconnaît en 1773 la souveraineté du Prince-Évêque.
[24] Aucunes localités actuelles ne portent ces noms. Nous avons trouvé Hellemmmes près de Lille et Bellaing en Ostrevant.
[25] A Moulbaix existe une château élevé vers 1860 à la demande du marquis Oswald du Chatelet (1822-1865), descendant de         l'ancienne famille hainuyère  installée depuis la fin du Moyen Âge dans le village. Le château a remplacé un hôtel  de 1502. Il est        implanté sur l'ancienne motte féodale avec basse-cour dont il subsiste quelques vestiges dans la propriété.
[26] On trouve aujourd'hui deux Ellegnies : Ellegnies Sainte Anne / Beloeil  et Ellegnies lez Frasnes / Franes lez Anvaing